Puceron du coton

Informations sur les nuisibles

Icône verte représentant un insecte sur fond vert

Le puceron du coton (Aphis gossypii) est un insecte nuisible hautement polyphage connu pour se nourrir de plus de 700 espèces végétales à travers le monde. Il s'attaque à un large éventail de cultures, notamment le coton, les agrumes, le café, le cacao, l'aubergine, le concombre, le melon, le poivron et de nombreuses plantes ornementales telles que le chrysanthème et le kalanchoé. Ce puceron est particulièrement répandu dans les régions chaudes et est présent partout dans le monde. Au Canada, Aphis gossypii est un ravageur persistant dans la production en serre, affectant particulièrement les cultures de concombres. Sa capacité à se reproduire rapidement et à coloniser un large éventail de plantes hôtes en fait une menace sérieuse tant dans les systèmes de culture en plein champ que sous abri.

Symptômes des dommages :

Le puceron du coton (Aphis gossypii) n'est pas seulement un ravageur direct de nombreuses cultures, mais aussi un vecteur important de maladies virales des plantes. Il est capable de transmettre plus de 50 virus végétaux différents, dont le virus de la mosaïque du concombre, qui a un impact économique considérable. Les nymphes comme les adultes se nourrissent en extrayant la sève des plantes, ce qui perturbe la circulation des nutriments et l'équilibre hormonal. Cela entraîne un retard de croissance, une déformation des feuilles et, dans les cas graves — en particulier lorsque l'infestation survient tôt dans la saison de croissance —, la mort des jeunes plants.

Les infestations importantes réduisent les rendements en provoquant une déformation des feuilles et une défoliation. Outre les dégâts directs causés par leur alimentation, les pucerons Aphis gossypii produisent de grandes quantités de miellat en raison de la forte teneur en sucre et de la faible teneur en protéines de la sève des plantes. Cette sécrétion collante recouvre les feuilles et les fruits, favorisant ainsi le développement de moisissures noires (Cladosporium spp.), ce qui réduit encore davantage la valeur marchande des fruits et des plantes ornementales. La présence de miellat et de moisissure perturbe également la photosynthèse, aggravant ainsi l'impact négatif global sur la santé et la productivité des cultures.

une importante infestation de pucerons du coton sur une feuille de concombre

Cycle de vie et apparence du puceron du coton :

Les pucerons ont un cycle de vie complexe qui comprend à la fois des formes adultes ailées et non ailées, ainsi qu’une grande variété de couleurs. En serre, les pucerons du coton se reproduisent de manière asexuée par parthénogenèse : les femelles non fécondées donnent naissance à des petits vivants — eux aussi de sexe féminin —, ce qui permet une croissance rapide de la population. Chaque individu mue quatre fois avant d’atteindre l’âge adulte, laissant derrière lui des mues blanches souvent visibles sur la plante et qui constituent un signe évident d’infestation. La couleur du corps varie en fonction des conditions environnementales telles que la température, la qualité de la nourriture et la densité de population. Elle peut aller du jaune clair au vert pâle, voire du vert foncé au vert-noir. Les individus plus grands, pouvant atteindre 1,8 mm de longueur, ont tendance à être de couleur plus foncée, tandis que ceux qui se développent dans des conditions de surpeuplement et de température élevée sont plus petits (jusqu'à 0,9 mm) et généralement de couleur jaune ou crème.

Le puceron du coton (Aphis gossypii) se distingue des autres espèces de pucerons par :

La couleur de ses deux cornicules (siphunculi), qui sont toujours noirs, quelle que soit la couleur du corps.

Ils ont les yeux rouges et des antennes relativement courtes, ce qui permet de les reconnaître lorsqu'on les observe de près.

une famille de pucerons du coton sur une feuille

Stratégies de prévention contre le puceron du coton :

La prévention des infestations par le puceron du coton (Aphis gossypii) repose sur une combinaison de stratégies de gestion culturale et environnementale visant à réduire les conditions favorables à son développement. L'une des méthodes les plus efficaces consiste à utiliser du matériel végétal sain et exempt de ravageurs, et à respecter des pratiques d'hygiène rigoureuses dans la serre ou la zone de culture. Une inspection régulière des plantes — en particulier des jeunes pousses et de la face inférieure des feuilles — permet de détecter les infestations à un stade précoce, avant que les populations ne se développent.

Il est essentiel de lutter contre les mauvaises herbes dans et autour de la zone de culture, car celles-ci peuvent servir d'hôtes de substitution aux pucerons et constituer une source de réinfestation. Assurer une bonne circulation de l'air et réduire la densité de plantation peut contribuer à rendre l'environnement moins propice à une reproduction rapide des pucerons.

De plus, des outils de surveillance tels que les pièges adhésifs jaunes peuvent s'avérer utiles pour détecter la présence de pucerons ailés, ce qui permet d'intervenir rapidement. Si l'on constate la présence de pucerons, il est conseillé d'éliminer et de détruire sans tarder les parties de la plante fortement infestées afin de contenir la propagation et de limiter la population avant qu'elle ne cause des dégâts importants.

une photo en gros plan de nymphes de pucerons du coton

Stratégies de lutte biologique contre le puceron du coton :

Plusieurs agents de lutte biologique peuvent être utilisés efficacement pour maîtriser les populations de pucerons du coton (Aphis gossypii) dans les serres et autres environnements de culture protégés. Ces insectes utiles s'attaquent aux pucerons à différents stades de leur cycle de vie, contribuant ainsi à limiter les infestations de manière naturelle et durable.

Les chrysopes sont des prédateurs généralistes dont les larves se nourrissent très efficacement de pucerons. Chaque larve de chrysope peut consommer des centaines de pucerons au cours de son développement, ce qui en fait un excellent choix pour les zones particulièrement touchées ou pour des introductions à titre préventif.

Aphidalia, qui abrite Adalia bipunctata (la coccinelle à deux points), est un autre redoutable prédateur des pucerons. Tant les larves que les adultes sont de voraces prédateurs et recherchent activement les colonies de pucerons, y compris celles qui se cachent au cœur du feuillage des plantes.

Aphided, qui contient Aphidoletes aphidimyza, est un moucheron prédateur. Ses larves sont particulièrement efficaces contre diverses espèces de pucerons. Une fois introduits, les adultes pondent leurs œufs à proximité des colonies de pucerons, et les larves qui en émergent se nourrissent directement de ces derniers, ce qui permet souvent d'éradiquer les infestations en quelques semaines dans des conditions optimales.

Aphipar (Aphidius colemani) et Aphipar-M (Aphidius matricariae) sont des guêpes parasites qui s'attaquent à des espèces spécifiques de pucerons, notamment le puceron du coton. Ces minuscules guêpes pondent leurs œufs à l'intérieur de pucerons vivants. Au fur et à mesure que la larve de guêpe se développe, elle finit par tuer le puceron hôte, laissant derrière elle une « momie » caractéristique. Au fil du temps, des lâchers réguliers de ces parasitoïdes peuvent permettre une suppression durable de la population.

Le choix de la bonne combinaison de ces organismes utiles dépend de la culture, du climat, du niveau d'infestation et de la présence d'autres ravageurs. Une stratégie préventive ou curative précoce, associée à une bonne surveillance des cultures, permet de maîtriser les populations de pucerons et de réduire le recours aux produits chimiques.

Lutte contre le puceron du coton par culture